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Le 6, rue de la Madeleine vers une issue

L’hebdo de Besançon, novembre 2007

Alors que l’on pensait les négociations définitivement rompues, les membres du collectif Confluence 6 tentent de recoller les morceaux.




Occupation du 6 rue de la madeleineJe regrette que l’on n’ait pas pu trouver une issue favorable. J’ai demandé un projet à plusieurs reprises, qui n’est jamais venu, déplore Jean-Louis Fousseret. On peut qui plus est s’interroger sur la méthode qui a été employée pour cette occupation : on ne peut pas permettre que les autorités civiles de la ville soit mises en péril par ce type d’action. J’ai pratiqué la politique de la main tendue jusqu’au bout avec ces personnes, mais aucun projet ne m’a jamais été remis, qui plus est les locaux que j’ai proposés ont été refusés, nous conduisant à cette issue. On ne peut pas vouloir “niquer le système” selon les propos qui ont été tenus par les occupants, et demander à ce même système de vous nourrir, de vous chauffer et de vous loger sans contrepartie.” Vendredi 23 novembre, la justice venait de trancher, ordonnant aux squatteurs du 6, rue de la Madeleine de quitter les lieux avant le 14 décembre, et à écouter le maire de Besançon, la rupture des discussions était bel et bien définitive.

“ON VEUT REVENIR SUR L’OFFRE DE LA MAIRIE”.

Il y a quelques jours, Franck Monneur, conseiller municipal proche du dossier, expliquait que s’ils veulent que le dialogue reprenne, c’est aux membres du collectif de faire un pas, et un vrai pas concret, pas une bonne parole”. Alors que l’on n’y croyait plus, ce pas a fini par arriver, hier. Certains membres du collectif ont en effet rencontré Eric Angue-not, directeur de cabinet du maire, avec l’ambition de lui tenir un discours bien différent de celui que l’on entendait depuis quelques jours : “On veut revenir sur l’offre de la mairie, explique Christian Ardiet, membre du collectif. Elle proposait les locaux de la fédération syndicale unitaire (FSU), que nous avions refusés. Nous sommes finalement prêts à accepter cette offre, mais le collectif voudrait y rajouter quelques salles. En effet, les locaux de la FSU sont de simples bureaux, pas très grands, mais cela pourrait convenir de manière temporaire. Mais ce qui nous fait défaut, c’est un endroit de convivialité comme une cuisine.” Alors qu’ils s’apprêtaient à perdre le bras de: 1er engagé avec la Ville, les “squatteurs” paraissent enclins à changer de stratégie…

LE 6 : ET MAINTENANT ?

Alors que le 6, rue de la Madeleine est au centre de bien des discussions passionnées depuis quelques mois, c’est un projet d’envergure initié par la municipalité qui a reçu l’assentiment général lors de sa présentation durant le dernier conseil de quartier de Battant. Tout d’abord, la Ville souhaite créer des logements pour répondre à la demande bisontine, mais aussi permettre d’amener dans Battant des familles et de nouveaux habitants. Sur cette question, ce sont quelque quarante logements qui doivent être implantés au 6, répartis entre logements publics et accession à la propriété. Ensuite, de petites surfaces commerciales de proximité, ainsi que des locaux associatifs dans le prolongement des Bains Douches doivent voir le jour, sur une surface totale de 840 m’. Ceux-ci seront accompagnés d’espaces conviviaux, avec notamment la création d’une aire de jeux pour les enfants.
Enfin, un parking d’une capacité d’accueil de 90 places doit être construit dans l’ancien réservoir du fort Griffon, lequel sera essentiellement réservé au
stationnement des nouveaux habitants du 6. “Nous sommes dans une phase pré-opérationnelle, explique Patrick Ayache, directeur général des services de la Ville. On peut envisager les premiers travaux dans les dix-huit mois à venir. L’extension éventuelle de l’école d’Arènes pourra également être étudiée si le besoin s’en fait ressentir. Du fait de ces différents projets, on peut penser que ce quartier est promis à un bel avenir : sa pluralité, sa mixité sont riches de promesses !”

Benjamin Teitgen
Regis Bachelu

C’est votre avis

Samedi, certains ont affiché en ville leur soutien au collectif…

Augustin

Augustin, étudiant

“J’ai suivi le jugement d’expulsion et je viens les soutenir. Je manifeste aujourd’hui afin de montrer que des gens sont toujours mobilisés, pour que le 6 soit toujours ouvert et le reste. C’est pour moi une sorte de pied de nez à ce jugement.”

Julie

Julie, mère au foyer

“J’ai manifesté mardi 20 et j’ai reçu un “tract pour Confluence 6, je n’ai pas suivi leur affaire depuis le début, c’est pour cela que je me suis renseignée sur Internet. Je profite de cette manifestation pour voir ce que donne Confluence 6. Mais des fois, il faut bousculer, s’incruster pour obtenir ce qu’on veut !”

Antoine

Antoine, professeur

“Cet été, j’ai participé au cinéma en plein air. Il y a des moments assez magiques ici, des rapports entre les gens qu’on ne retrouve pas ailleurs. Une telle mixité est une force, ça doit continuer à vivre d’une manière ou d’une autre, même si parfois cela donne un peu une impression de zozos. Je manifeste car j’aimerais qu’un dialogue se rouvre avec la mairie et que cela débouche sur quelque chose car il y a de la poésie ici, quelque chose de chouette qui mérite d’être défendu”

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