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L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford de Andrew Dominik
Cinemapolis.info : lundi 14 avril 2008
Deuxième film pour Andrew Dominik, après Chopper sorti en 2001, L’Assassinat de Jesse James
est déjà un film accompli. Basé sur le livre homonyme de Ron Hansen, ce
film se démarque immédiatement par sa photographie soignée : on ne peut
s’empêcher de penser à Terrence Malick, non pas à La Ligne rouge ou au Nouveau monde mais à un de ses premiers longs métrages, Les Moissons du ciel,
sorti en 1979. Même utilisation des paysages et des lumières avec
notamment le blé qui danse. Pourtant le directeur de la photographie
s’appelle Roger Deakins et c’est un habitué des films des frères Cohen…
rien à voir, donc. Toutefois la maîtrise reste aussi impressionnante.
L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford de Andrew Dominik
La voix off de Hugh Ross, profonde et grave, accompagne le spectateur tout au long du film. Elle a, en cela, quelque chose de paternaliste. Cette impression est d’ailleurs renforcée par la musique de Nick Cave et Warren Ellis, toujours présente pour seconder la voix off. Les morceaux, épurés et efficaces, composés simplement de violon et de piano s’intègrent et rythment admirablement le long métrage.
Le thème du film amène doucement à une réflexion sur l’amitié, la culpabilité, avec beaucoup de pudeur et de non-dits… Un rythme maîtrisé, pendant 2h40, qui permet au réalisateur de mettre le spectateur dans un état d’immersion sur ces sujets. Attention, ce n’est pas un 2001 l’odyssée de l’espace où il faut attendre 40 minutes pour avoir une parole. Mais limiter L’Assassinat de Jesse James à un western revient à dire que Ghost Dog est un simple film de samouraï. L’esprit, l’époque sont là bien sûr, mais l’intérêt principal du film se joue ailleurs…
En effet, le véritable duel est ici psychologique, la confrontation entre le célèbre bandit et son ami et futur meurtrier… A ce jeu-là, les deux acteurs s’en sortent avec brio. Brad Pitt, alias Jesse James, est à son plus haut niveau, torturé et imprévisible. Secondé pour l’occasion par un Casey Affleck, alias Robert Ford, qui, il faut bien le reconnaître, est un cran en dessous. L’acteur, pourtant loin de démériter, retrouve la qualité de son jeu de Lonesome Jim, on est très loin de ces piètres performances dans American Pie. Mais en VF la doublure française vient littéralement gâcher sa prestation car le timbre de voix choisi, beaucoup trop aigu, ne convient ni à l’acteur ni à la situation.

Andrew Dominic, réalisateur inconnu pour beaucoup, a réussi un coup de maître avec ce film. Pourtant, alors que L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford devait être un film qui marque le 7e art durant l’année 2007, il n’en sera rien… commercialement parlant tout du moins. Primé au festival de Venise, le réalisateur a tout de même réussi à attirer l’attention de la critique et de tous les cinéphiles. A surveiller !
Par Régis Bachelu
L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford
Titre original : The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford
Réalisation : Andrew Dominik
Scénario : Andrew Dominik d’après l’œuvre de Ron Hansen
Musique : Nick Cave et Warren Ellis
Interprétation : Brad Pitt, Casey Affleck, Sam Shepard
Pays : Etats Unis
Genre : Western, drame
Durée : 2h39
Date de sortie en salle : 10 octobre 2007
Date de sortie en DVD : 16 avril 2008
Année de production : 2007
Distribution : Warner Bros
Images © Warner Bros
Le site officiel
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